Un commentaire de texte, c'est une interprétation organisée d'un texte littéraire, prouvée par des analyses précises. La méthode tient en sept étapes : lire le texte trois fois, relever au brouillon des citations avec leur procédé et leur effet, formuler une problématique, construire un plan thématique en deux ou trois parties, rédiger l'introduction, développer chaque idée avec une citation, un procédé et un effet, puis conclure en répondant à la problématique. Au bac de français, l'écrit dure 4 heures, compte coefficient 5 et le commentaire est noté sur 20.
Ce guide suit la note de service du 11 septembre 2026 (Bulletin officiel spécial n° 4 du 17 septembre 2026), qui s'applique si tu es en première cette année. Il porte sur l'écrit. Pour l'explication linéaire de l'oral, lis notre guide sur l'oral de français du bac.
| Point | Ce qui s'applique |
|---|
| Durée de l'écrit | 4 heures |
| Coefficient | 5, en voie générale comme en voie technologique |
| Choix en voie générale | commentaire ou dissertation |
| Choix en voie technologique | commentaire ou contraction de texte suivie d'un essai |
| Notation du commentaire | sur 20 |
| Le texte | un texte littéraire lié à un objet d'étude de première, jamais extrait d'une des œuvres au programme |
| Date en 2027 | mardi 15 juin 2027, le matin |
Deux différences comptent selon ta voie. En voie technologique, le sujet est formulé pour te guider (il propose souvent des pistes de lecture), et le texte ne relève jamais de la littérature d'idées du XVIe au XVIIIe siècle. En voie générale, tu n'as aucune piste : la problématique et le plan viennent de toi.
Le texte officiel insiste aussi sur la langue. Orthographe, syntaxe, vocabulaire et organisation du propos sont pris en compte dans la note, et une copie défaillante sur l'ensemble de la maîtrise de la langue ne peut pas avoir la moyenne. Garde donc vraiment du temps pour te relire.
1. Lire le texte trois fois
Commence par le paratexte : auteur, titre, date, genre et chapeau du sujet. Il situe le passage et t'évite un contresens.
- Première lecture : comprendre ce qui se passe et noter ta première impression (« c'est inquiétant », « c'est ironique »). Cette impression devient souvent ta problématique.
- Deuxième lecture, crayon en main : souligner les mots forts, les répétitions, les changements de ton.
- Troisième lecture : repérer la structure du texte, ses mouvements, sa chute.
2. Relever au brouillon en trois colonnes
Ne rédige rien encore. Fais au brouillon un tableau en trois colonnes : citation, procédé, effet. Cherche dans plusieurs directions : l'énonciation (qui parle, à qui), les champs lexicaux, les figures de style, les temps verbaux, le rythme et la ponctuation, la versification pour un poème.
La colonne « effet » est la plus importante : c'est elle qui transforme un relevé en interprétation.
3. Formuler la problématique
La problématique est la question à laquelle tout ton commentaire répond. Elle part de ce qui rend le texte singulier, pas d'une généralité. Les formules qui marchent : « Comment… ? », « En quoi… ? », « Dans quelle mesure… ? ».
- Trop vague : « Comment l'auteur décrit-il la nature ? »
- Mieux : « Comment la description d'une campagne paisible prépare-t-elle la révélation d'un deuil ? »
Une bonne problématique contient déjà une tension, un écart entre ce que le texte semble dire et ce qu'il dit vraiment.
4. Construire un plan thématique
À l'écrit, le plan est thématique, pas linéaire. Chaque grande partie traite une idée sur l'ensemble du texte, au lieu de le découper ligne par ligne. Vise deux ou trois grandes parties, chacune avec deux ou trois sous-parties qui progressent.
Pour trouver tes parties, regroupe les lignes de ton tableau qui vont dans le même sens. Un plan solide va souvent de l'évident vers le profond : ce que le texte montre, puis comment il le montre, puis ce qu'il veut faire comprendre ou ressentir. Chaque partie doit répondre en partie à ta problématique.
5. Rédiger l'introduction
L'introduction tient en un seul paragraphe et suit cinq étapes :
- Une amorce qui ouvre le sujet sans formule creuse (« De tout temps… » est à bannir).
- La présentation du texte : auteur, œuvre, date, genre, et la situation du passage.
- Ce que fait le texte, en une ou deux phrases, sans le résumer en détail.
- La problématique.
- L'annonce du plan, partie par partie.
Rédige l'introduction entièrement au brouillon. C'est la première chose que lit le correcteur.
6. Rédiger le développement
Chaque sous-partie forme un paragraphe. Ouvre par une phrase qui annonce l'idée. Puis prouve-la avec deux ou trois analyses, chacune construite de la même façon : la citation entre guillemets, le procédé nommé, l'effet produit et ce qu'il apporte au sens.
Exemple de phrase d'analyse : « L'anaphore de "je veux" (v. 3 et 5) martèle le désir du poète et donne au texte le ton d'une prière. » Une citation, un procédé, un effet, un sens. C'est cette mécanique qui fait la note.
Entre deux grandes parties, écris une transition d'une ou deux phrases : un bilan de ce que tu viens de montrer, puis l'annonce de la suite. Saute une ligne entre les grandes parties et fais un alinéa à chaque sous-partie, pour que ton plan se voie au premier coup d'œil.
7. Conclure
La conclusion fait trois choses : un bilan rapide de chaque partie, une réponse claire à la problématique, et une ouverture. L'ouverture rapproche le texte d'une autre œuvre, d'un autre auteur ou d'un autre art. Elle doit être précise. « Ce poème fait penser à d'autres poèmes sur la mort » n'apporte rien ; un rapprochement nommé et justifié en une phrase, si.
Pour voir la méthode en action, voici un plan pour le poème de Victor Hugo (Les Contemplations, 1856). Le poète annonce un départ à l'aube : « Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends. » Il marche sans rien regarder, et le dernier vers révèle le but du voyage : un bouquet « de houx vert et de bruyère en fleur » posé sur une tombe.
Problématique : comment Hugo transforme-t-il le récit d'un rendez-vous en hommage funèbre ?
- Un poème qui ressemble à un rendez-vous amoureux
- le tutoiement et l'impatience (« je sais que tu m'attends »)
- le futur qui projette un départ décidé (« Je partirai »)
- Une marche coupée du monde
- le refus de voir, porté par les négations (« Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe »)
- un voyageur absorbé par sa pensée, insensible à la beauté du paysage
- La chute : la révélation d'un deuil
- le mot « tombe », placé à la rime de l'avant-dernier vers, renverse la lecture
- le bouquet, des plantes qui restent vertes ou fleurissent, comme une fidélité qui dure
| Temps | Ce que tu fais |
|---|
| 0 h à 1 h 15 | Trois lectures, tableau citation, procédé, effet |
| 1 h 15 à 1 h 45 | Problématique et plan détaillé au brouillon |
| 1 h 45 à 2 h | Introduction et conclusion rédigées au brouillon |
| 2 h à 3 h 45 | Rédaction au propre du développement |
| 3 h 45 à 4 h | Relecture : accords, ponctuation, citations entre guillemets |
L'erreur la plus fréquente est de rédiger trop tôt : un plan solide te dit quoi écrire dans chaque paragraphe. À l'inverse, un commentaire inachevé perd beaucoup de points, donc ne dépasse pas deux heures au brouillon.
Inutile d'en connaître cent. Ces quinze reviennent dans la plupart des textes. Apprends chacune avec un exemple et un effet type.
| Figure | Ce que c'est | Effet fréquent |
|---|
| Comparaison | rapprochement avec un outil de comparaison (comme, tel, pareil à) | rendre une image concrète |
| Métaphore | rapprochement sans outil | créer une image forte, inattendue |
| Personnification | prêter des traits humains à une chose | animer, rendre menaçant ou proche |
| Anaphore | même mot en début de vers ou de phrase | insister, créer un rythme d'incantation |
| Antithèse | opposition de deux termes | souligner un contraste, un déchirement |
| Oxymore | deux termes opposés côte à côte | exprimer un paradoxe |
| Hyperbole | exagération | amplifier une émotion |
| Gradation | termes d'intensité croissante | faire monter la tension |
| Litote | dire moins pour suggérer plus | exprimer avec retenue |
| Euphémisme | atténuer une réalité dure | adoucir, souvent la mort |
| Chiasme | structure en miroir (AB-BA) | lier ou opposer deux idées |
| Allitération | répétition d'un même son de consonne | imiter un bruit, créer une musique |
| Assonance | répétition d'un même son de voyelle | installer une tonalité |
| Enjambement | phrase qui déborde sur le vers suivant | mimer un élan, un débordement |
| Rejet | mot court rejeté au début du vers suivant | mettre un mot en relief |
Ajoute les registres (lyrique, tragique, comique, pathétique, polémique, épique) : ils nomment l'effet global d'un texte.
- La paraphrase : redire le texte avec d'autres mots au lieu de l'analyser.
- Le catalogue de procédés : nommer des figures sans dire à quoi elles servent.
- Le plan linéaire : suivre le texte du début à la fin, ce qui relève de l'oral.
- La citation sans analyse, ou l'analyse sans citation. Les deux vont toujours ensemble.
- Séparer le fond et la forme, par exemple une partie « les idées » et une partie « le style ».
- Une problématique sans réponse dans la conclusion.
Les deux exercices utilisent les mêmes outils : citation, procédé, effet. À l'écrit, le commentaire suit un plan thématique sur un texte découvert le jour de l'épreuve. À l'oral, l'explication linéaire suit l'ordre d'un texte étudié en classe, en 8 minutes environ. S'entraîner à l'un aide donc pour l'autre. Notre guide de l'oral de français du bac détaille l'explication linéaire et la question de grammaire.
StudyPDF ne rédige pas ton commentaire et ne corrige pas ta copie. La méthode se travaille sur de vrais sujets, en temps limité. L'outil t'aide pour ce qui se prépare en amont, à partir de tes propres cours.
- Tu importes tes cours de français, tes fiches de méthode et tes notes, en photo, en scan ou en document, dans un cours « Français ».
- Tu crées des flashcards sur les figures de style et les registres de ton cours : la figure au recto, la définition, un exemple et l'effet au verso. Elles suivent le principe de la répétition espacée.
- Tu crées un QCM avec des citations à identifier : quelle figure, quel effet. C'est du rappel actif, bien plus efficace que relire une liste.
- Tu demandes à Bo d'expliquer la différence entre deux procédés. Il répond à partir de tes documents et indique la source de chaque réponse.
Compare toujours avec la méthode vue en classe : c'est celle que ton professeur attend. Le compte gratuit donne environ 4 supports par semaine. Pour organiser l'écrit, l'oral et les autres matières, regarde aussi réviser le bac avec l'IA et notre méthode pour créer une fiche de révision.
Combien de parties faut-il dans un commentaire de texte ?
Deux ou trois grandes parties, chacune avec deux ou trois sous-parties. Deux parties bien argumentées valent mieux que trois parties dont une est creuse. Ce qui compte, c'est que chaque partie réponde à la problématique.
Combien de temps dure le commentaire au bac de français ?
L'écrit dure 4 heures, pour le commentaire comme pour l'autre sujet au choix. Compte environ 2 heures au brouillon (introduction et conclusion comprises), 1 h 45 de rédaction et 15 minutes de relecture.
Quelle est la différence entre commentaire de texte et commentaire composé ?
Au lycée, c'est le même exercice. « Commentaire composé » est l'ancien nom, encore très utilisé ; les textes officiels parlent simplement de commentaire.
Peut-on faire un plan linéaire à l'écrit ?
Non. À l'écrit, on attend un plan thématique qui traite le texte dans sa globalité. Le plan linéaire, qui suit le texte du début à la fin, correspond à l'explication linéaire de l'oral.
Comment trouver une problématique rapidement ?
Pars de ta première impression de lecture et cherche ce qui la produit dans le texte. Puis transforme-la en question : « Comment le texte crée-t-il cette impression ? » ou « En quoi ce passage dépasse-t-il ce qu'il semble raconter ? ». Pour mémoriser les outils d'analyse, lis aussi comment mémoriser quelque chose rapidement.